Une salle d’IRM qui semble rapetisser lorsque le cœur s’emballe. Le malaise monte en quelques secondes, la respiration se bloque et la gorge se serre. Vous respirez profondément et tenez bon ; parfois cela suffit, parfois non. Ce que l’on oublie souvent de dire, c’est qu’un traitement médicamenteux, en complément d’approches non médicamenteuses, peut permettre de réaliser un examen nécessaire sans traumatisme majeur. Le choix entre un soulagement immédiat et une stratégie de fond dépend du contexte clinique, de la fréquence des crises et des risques individuels.
Évaluation initiale : pourquoi et comment décider
La première étape est une évaluation médico-psychologique. Le médecin recherchera : l’intensité et la fréquence des crises, les facteurs déclenchants (ex : espaces clos, bruits, immobilité), l’existence d’un trouble anxieux généralisé ou d’une phobie spécifique associée, et les antécédents médicaux (usage d’alcool, de médicaments, maladies respiratoires, grossesse). Cette évaluation permet de distinguer deux situations courantes :
- Une crise aiguë ponctuelle liée à un examen précis (IRM, scanner, procédures médicales) nécessitant un soulagement temporaire.
- Un trouble anxieux ou une phobie récurrente nécessitant un traitement de fond et une prise en charge psychothérapeutique.
Options médicamenteuses pour le soulagement aigu
Les benzodiazépines sont souvent employées pour un effet rapide et de courte durée. Elles peuvent réduire l’intensité d’une attaque de panique ou calmer l’anxiété en quelques dizaines de minutes. Leur utilité est particulièrement avérée quand l’examen doit absolument être réalisé et que les autres méthodes (relaxation, accompagnant, sédation non médicamenteuse) sont insuffisantes.
Cependant, ces médicaments comportent des risques : somnolence, difficultés de coordination, potentialité d’accoutumance et de dépendance si utilisées de façon prolongée, et interactions puissantes avec l’alcool ou d’autres dépresseurs du système nerveux central. Pour ces raisons, la prescription est généralement limitée, ponctuelle, et accompagnée de recommandations strictes (ne pas conduire, être accompagné au retour, éviter alcool et médicaments sédatifs).
Traitement de fond : ISRS, SNRIs et thérapies associées
Lorsque la claustrophobie relève d’un trouble anxieux persistant, les antidépresseurs de la classe des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) ou des SNRIs (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline) peuvent être envisagés. Leur effet n’est pas immédiat : il faut souvent plusieurs semaines (2 à 8 semaines) pour observer une amélioration significative. Ces traitements visent à réduire l’anxiété de base et la réactivité aux situations anxiogènes.
Ils doivent être prescrits et suivis par un médecin : ajustement posologique, surveillance des effets secondaires (troubles gastro-intestinaux, manifestations sexuelles, changements d’humeur), et planification d’un arrêt progressif si nécessaire. L’association avec une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou une thérapie d’exposition graduée donne les meilleurs résultats à long terme.
Approche pratique avant un examen tel qu’une IRM
La préparation avant un examen peut combiner solutions comportementales et pharmacologiques. Quelques conseils pratiques :
- Parlez de votre peur dès la prise de rendez-vous : le service d’imagerie peut proposer des astuces (musique, casque, surveillance rapprochée, ouverture plus large dans certains appareils).
- Envisagez une consultation préalable avec votre médecin ou le radiologue pour prévoir une solution adaptée (ordonnance ponctuelle si nécessaire).
- Si un médicament est prescrit pour l’examen, il est généralement pris 30 à 60 minutes avant l’entrée en salle, sous réserve des recommandations du prescripteur.
- Ne prenez jamais d’alcool en conjonction avec un anxiolytique ou un sédatif. Organisez un accompagnant pour le retour et évitez de conduire après la prise.
- Pratiquez des exercices de respiration, de relaxation musculaire progressive, ou visualisation avant et pendant l’examen pour renforcer le bénéfice du médicament.
Surveillance et prévention des risques
Un suivi médical est nécessaire si les benzodiazépines sont utilisées, même ponctuellement : il faut limiter la durée d’exposition pour prévenir la dépendance. En cas de traitement de fond par antidépresseur, des consultations régulières permettront d’évaluer l’efficacité et d’anticiper les effets indésirables. Signalez immédiatement au médecin toute somnolence excessive, troubles cognitifs nouveaux, ou symptômes de sevrage.
Alternatives et stratégies complémentaires
La prise en charge optimale associe souvent plusieurs approches : préparation et information, techniques de relaxation, accompagnement psychologique (TCC) et, si nécessaire, traitement médicamenteux. La thérapie d’exposition graduée, réalisée avec un professionnel, permet souvent une diminution durable de la peur en confrontant progressivement le patient aux situations redoutées dans un cadre sécurisé.
En résumé, la décision d’utiliser un médicament pour gérer la claustrophobie dépend du caractère ponctuel ou chronique du problème, des risques individuels et de la disponibilité d’autres moyens d’accompagnement. Discutez toujours avec votre médecin ou votre radiologue pour choisir la stratégie la plus sûre et la mieux adaptée à votre situation.


